vendredi, 11 avril 2008
The Watchmen

En 1987, je découvrais à la bibliothèque de Cherbourg LA BEDE (on ne parlait pas encore de Graphic Novel à l'époque...) de Alan MOORE et Dave GIBBONS. A l'époque j'étais fou de comics de super-héros (en fait jusqu'à la fin de mon adolescence, je bouffais du Marvel à toutes les sauces et je possède encore quelques raretés du début des années 70 très recherchés parait-il...). Et ce fût une grosse claque façon Fisherman's Friend en pleine poire...
Mais pourquoi donc ma bonne dame? Parce que cette bédé de super-héros sans réels super-pouvoirs à part pour le Doc Manhanttan, est surement l'oeuvre ultime en la matière. D'ailleurs les deux tomes réunissant toute la série trône fièrement sur mon étagère aux yeux de tous...
Mais qu'est-ce donc qui fait que ça fait quoi?
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Déjà l'histoire : L'histoire commence par l'assassinat du Comédien, un des des seuls super-héros officiellement en activité en 1985 depuis l'interdiction du gouvernement de leurs activités quelques années plus tôt. Rorschach ex-membre des Minutemen (groupe de Sup'héros façon Marvel...) paranoïaque, schyzophrène, psychopate notoire décide d'enquêter sur cette assassinat en retrouvant chacun des membres des "Minutemen" et découvrant qu'un complot d'envergure internationale se prépare au moment où Richard Nixon se prépare à son cinquième mandat et tout celà au rythme de l'horloge de l'apocalypse (* Voir tout en bas de la page sous les photos...)
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Car une des particularités des Watchmen est son action dans le temps... L'oeuvre (car on parle bien ici d'une véritable oeuvre...) est une uchronie, c'est à dire que l'action se passe dans une réalité alternative. Le scandale du Watergate n'a jamais eu lieu, la guerre froide en 1985 n'a jamais été aussi présente, depuis l'apparition du Dr Manhattan dont les origines sont réellement poignantes...
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Autre particularité, le traitement ultra-réaliste des personnages. Tous ont leur histoire, leurs douleurs, et la narration fait sans cesse des aller-retours sur le présent et le passé. Chaque fin d'épisode reprend des articles de journaux, des déclarations, des extraits du journal de Rorschach permettant une plus grande immersion dans cette réalité alternative.
Aucun détail n'est laissé au hasard, et au milieu de cette bédé, une autre bédé vient s'immerger au travers d'un jeune homme lisant "Tales Of The Black Freighter", un comics de Pirates... Au premier abord on se demande ce que vient foutre cette histoire au milieu de types costumés... Et l'évidence s'impose... Dans ce monde, les super-héros (même interdits par décret officiel...) ont toujours existés et se passent la main de génération en génération, et les bandes dessinées de leurs exploits n'ont AUCUN succés... Là oû dans NOTRE réalité, Marvel et DC Comics sont des références, dans celui des Watchmen, les comics de pirates sont des succés équivalents... Renforcement de la réalité de cet univers parallèle...
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Autre intérêt de cette bédé? Peu d'action, un découpage très cinémathographique de chaque plan. Watchmen révolutionna la narration du comics pour adultes au même titre que les oeuvres de Frank Miller.
Aujourd'hui après vingt ans de developpment Hell (Terry Gilliam, Darren Aronofsky, Paul Greengrass se sont trouvés sur le projet à un moment où un autre...) le film est presque en boite... Les scènes live sont en boite et la post production vient de commencer pour une sortie en 2009 avec aux manettes Zack SNYDER, réalisateur de 300, et du remake du Zombie de Georges ROMERO : L'armée des Morts...
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Gros flip à cette idée ou excitation? Snyder se veut rassurant quant à la fidélité totale avec l'oeuvre. Les "Tales Of The Black Freighter" apparaitront même sous forme d'anime dans le futur DVD avec la voix de Gérard BUTLER. Mais la question se pose... Sans vouloir tirer de plans sur la comète, je me demande comment ramener à environ deux heures une oeuvre aussi complète, complexe, riche et foisonnante... Au moins quelque chose est rassurant : le film sera classé "R", l'équivalent aux States de notre interdiction aux moins de Seize Ans...
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En attendant, quelques photos des personnages "Live":
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17:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Watchmen, Minutemen, Zack Snyder, Alan Moore, Dave Gibbons, comics
lundi, 07 avril 2008
Marketing : Bienvenue Chez Les Ch'tis - 99 Francs
Deux "critiques" de deux films Français aux antipodes, semble t'il, l'un de l'autre sur la même note? Après tout ces deux films parlent de clichés, de sentiments, d'image et du respect que l'on a pour son prochain...
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J'ai fini par céder à la tentation de voir la comédie de Dany Boon, avec ENORMEMENT d'à prioris dessus... A la base, je ne supporte pas Dany Boon, mais Kad Merad passe encore à mes yeux... Que dire de ce téléfilm? Au premier abord, je me suis aperçu que j'ai marché à fond dedans... Un sourire crétin durant les 1h47, un peu ému à la fin et puis...
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PETIT MESSAGE PERSONNEL
Mon bon Jammy, mon bon Romu, ne lisez pas ce qui suit sinon on est pas prêts de se péter des bières belges et vous risquer de me faire la gueule définitivement à vie... Hein les biloutes!!!
FIN DU PETIT MESSAGE PERSONNEL
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Le téléfilm est plein de bons sentiments (y'a que ça d'ailleurs...) tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il est heureux, tout le monde il est amoureux, tout le monde il pleure à la fin, tout le monde il nage en plein bonheur, tout le monde il est saoûl, tout le monde il rit...
Au final, je me suis sentie totalement anesthésié mentalement à en avoir ce petit sourire débile et la petite larme à l'oeil m'étant fait piégé totalement par ce si charmant petit téléfilm...
Mais n'est ce pas au final ce qu'on demande à un divertissement familiale? Ne pas se prendre la tête?
La sortie quelques jours avant dans le Nord du téléfilm de Danny Boon (qui, je le rappelle, est le pseudo comique le moins drôle de l'univers avec Nikkos Aglaglas, et grand ami d'Arthur, ce qui n'est pas rien...) a filé un sacré coup de pousse au film... Belle opération marketing en tout cas... Normal que tout le monde là bas ce soit précipité pour le voir vu que ça parle de leur région. Résultat, les médias s'en emparent, on te plante presque 800 copies (contre 40 en tout pour l'EXCELLENT "The Mist" de Darabont d'après Stephen King) et c'en devient un phénomène de société battant le record de "La grande vadrouille" qui détient le record d'entrées en France au niveau des comédies Françaises. investissement minimum, rentabilité maximum. Comme quoi les qualités d'un film n'est en rien dans son potentiel commercial. Suffit juste de caresser Jacky et Josiane dans son côté le plus franchouillard pour palper le blé et finir sur TF1. Aussitôt vu, aussitôt oublié.
Boon nous a donné sa vision pleine d'amour des ch'tis frolant la caricature qu'il dénonce en nous montrant un Ch'nord de carte postale... Un peu comme quand on ramène Cherbourg à ses parapluies à cause de ce gros nase de Jacques Demy... Mais son téléfilm vaut tout de même le détour en raison du coeur qu'il a mis à le faire, ce qui vaut en soit le respect le plus total, même si on reste dans la comédie bien clean et totalement inoffensive... Un bon petit voyage à Disneyland quoi...
Côté acteurs? Boon fait du Boon, c'est à dire grimaçant, bafouillant, Zoé Félix fait ce qu'elle peut pour avoir l'air crédible en épouse convaincue des clichés qu'elle énonce, Duquesne fait du Deschiens, Line Renaud fait du théatre mais a un chouette accent, une jolie coiffure et du joli maquillage même quand elle épluche les patates, et Merad joue encore le même rôle, Bosso ne dépareillerait pas dans une Bessonnade genre Taxi 5...
Fort heureusement, je n'ai pas eu à verser ma contribution monétaire pour le voir. J'aurai surement été plus méchant du coup. C'est juste amusant, pas jouissif pour un rond, et puis ça fait plaisir au Conseil Général du Nord et à la poste... Mieux que Fed-Ex dans "Seul Au Monde"... Que demander de plus? Bin d'arrêter de se foutre de la gueule du monde...
Mais ne voulant pas rester sur une note aussi gentille, et étant un peu trop remplie de bons sentiments engourdissant le neuronne, il fallait que je me ressaisisse un peu et je me suis tapé du coup "99 Francs" de Jan Kounen tiré du roman de cette tête à claque de Beigbeder afin de provoquer le ricanement cynique de mes cellules nerveuses...
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Et là c'est, comment dire... BOUM... Le pied total... C'est méchant, speed, agressif, cynique, clipesque à souhait avec une bande son excellente...
Kounen réalise son Fight Club (je ne sais pas si le roman du mentonnesque parisien torse poil ex-publiciste est proche du livre de Chuck Palahniuk...), le film tire à vue sur la pub et le cynisme et la déshumanité des créateurs, chefs d'entreprise, décisionnaires en tout genre en suivant les propres clichés filmiques de la pub justement... Dénoncer le mal avec les moyens du mal publicitaire...
99 Francs présente un tas de similitude avec le film de Fincher... La voix Off à commnencer, des effets de réalisation pompés littéralement - cf. la séance d'habillage d'Octave avec les mêmes effets catalogue Ikéa utilisés dans FC pour faire la visite de l'appartement du narrateur... Le montage très clip vidéo, l'abus de Fisheye, la dénonciation du système, le désir de le dynamiter de l'intérieur, les moyens mis en oeuvre par les créatifs pour les annonceurs, de balancer leur message que les diffuseurs télévisuels appellent du temps de cerveau disponible à vendre, la manipulation dont nous sommes tous victimes, le fait d'être tenus entre les mains de quelques pédants décidant de ce qui est bon ou non pour nous au nom de leur sacro-sainte préscience visionnaire superficielle... Au nom du fric et du pouvoir quoi...
"Jamais crétin irresponsable n'a été aussi puissant que moi depuis 2000 ans"... Cette phrase tiré du film résume à elle seule tout le cynisme du publiciste... Maintenant, je m'amuse aussi de la référence au Christ qui fût comparé, par Séguéla je crois, au plus grand directeur de la communication qu'est connu notre civilisation...
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Après tout le gars à bien vendu sa cam, a bien représenté son patron, et 2000 ans après on parle encore de son plus beau coup marketing, c'est à dire, la crucifixion (à ses dépends certe...). Une image publicitaire excellente non? (une scène utilise l'image du crucifié...) Un truc qui choque bien... Qui marque les esprits définitivement... Mais point de vue religion, la concurrence sur la clientèle a été mise à rude épreuve depuis l'apparition de la religion Musulmane, autre entreprise imposant son monothéisme à la masse... Le même genre de luttre entre Coca Cola et Pepsi existe... A chacun de voir quel produit est le meilleur... Personnellement je prends le light de chez Lidl...
Mais n'est ce pas justement le rêve de tout publiciste de marquer définitivement les esprits? Coca Cola a réussi à changer l'habit du Père Noël à titre définitif non? Le leitmotive de la chute montre justement la position quasi Christique qu'Octave a acquis. Il se retrouve à la fois crucifié en raison de ce qu'il a créé et détruit à la fois... Il se jette dans le vide comme s'il était bout de la planche d'un navire prêt à être balancé par dessus bord (et donc en pature aux requins...) pour cause de mutinerie... Ou plutôt, le rat quitte le navire parce qu'il n'assume pas sa création... Ses créations... Pas plus qu'il n'assume le fait la seule belle création de toute sa vie... Un enfant à la seule femme qu'il aura surement aimé... Octave n'assume rien mais essaye de se racheter... En vain... Rien n'y fait... Même après la prise de conscience de sa sensibilité, Octave reste une merde infâme...
Mais revenons au film de manière plus terre à terre parce que sinon on ne va pas s'en sortir... Dujardin? Impeccable en connard cynique, drogué, mégalo, égocentrique, prenant conscience de sa sensibilité et rêvant tout de même de faire sa petite révolution (mais uniquement à titre de vengeance personnelle...) La réalisation? Impeccable... Les effets spéciaux? Impeccables... Kounen (qui fait son caméo façon Tyler Durden subliminal en ami psychotique à usage unique au crâne rasé...) tape dans le mille en restant en permanence sur le fil du rasoir en traitant un sujet qu'il connait sur le bout des doigts, venant de la pub lui-même... Une petite réussite, à ne pas mettre entre toutes les mains... Mais à la différence de Fight Club, Octave, ici, est conscient de tout ce qu'il fait et rêve d'exploser le système... Système qu'il explosera d'une manière aussi minable que lui peut l'être...
Mais bon dieu que ça fait du bien de voir autant de cynisme sur un écran et en se permettant d'avoir un twist final rappelant (par l'esprit...) celui de Brazil ou de Blade Runner... On aime ou on déteste, mais il ne laisse pas du tout indifférent...
14:20 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 08 janvier 2007
Presque Des Hommes... Court métrage de Julien Fournet
SYNOPSIS
Ils ont amusé les enfants pendant des années.
Aujourd'hui, ce sont les salopards les plus recherchés du pays.
Traqués par l'impitoyable Sergent Verdun, Costaud le schtroumpf, Astral le snorky et Grognon le bisounours vont tenter l'impossible pour retrouver l'amour des enfants...

C'est un peu gore, un peu trash, plein de mauvais goût, presque émouvant à la fin, avec un peu de François Corbier dedans, c'est à se tordre par moment (la scène avec Musclor est terrible...) et c'est réalisé avec peu de moyen mais plein d'idées... Et en plus on peut le télécharger gratuitement sur le site (compter trois heures en 1024 en haute définition) :
http://presquedeshommes.free.fr/

20:35 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Presque des hommes, Julien Fournet, Corbier, schtroumpf, snorky, bisounours, je sais ça c'est du tag de la mort qui tue...
vendredi, 05 janvier 2007
Histoire de Culte... Midnight Movies, Vendredi 5 Janvier - Arte 23h45
En Septembre, j'avais écrit une note sur les films cultes en faisant référence aux "Midnight Movies"... Dans cette note, je citais un certain nombre de films qui méritent amplement le statut de culte... Et quelle ne fût pas ma surprise cette semaine en découvrant qu'il existait un documentaire intitulé "Midnight Movies" qui sera diffusé ce soir, Vendredi 5 Janvier à 23h45 sur Arte, avant une énième rediffusion de "La Nuit des Morts Vivants" de Georges Romero...

09:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Midnight Movies, films cultes, cinema, arte, divine, John Waters, Georges A.Romero
dimanche, 24 décembre 2006
Spoiler Monumental - The Texas Chainsaw Massacre : The Beginning
Qu'on le veuille ou non "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe HOOPER reste une baffe monumentale en pleine tête. En 2003, Marcus NIESPEL réalise un remake sympa (et qui met aux oubliettes les séquelles allant du moyen au nullissime...). Ce remake ayant rapporté des pépettes, une préquelle judicieusement appelée "The Texas Chainsaw Massacre : The Beginning" sortira en 2007 réalisée par Jonathan LIEBESMAN... Et en cadeau de fin d'année, je vous offre une photo exclusive qu'on ne trouvera qu'ici de celle qui est à l'origine de tout...

08:41 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : The Texas Chainsaw Massacre, Massacre à la tronçonneuse, Cinema, Jonathan Liebesman, Leatherface
dimanche, 05 novembre 2006
Le Labyrinthe De Pan
"Le Labyrinthe De Pan" narre l'histoire d'une petite fille découvrant une créature magique dans un labyrinthe lui révélant qu'elle est la réincarnation d'une princesse. Le faune lui demandera alors d'accomplir trois épreuves mortelles afin de libérer le royaume et qu'elle y retrouve sa place pour le gouverner...
"Wouah dis donc!!! C'est beau et gnangnan comme du Disney!!!"


Du fantastique, il y en a peu en fait... Quelques minutes seulement sur presque deux heures de métrage. Les quelques créatures sont sublimes (on pense à "Cabal", le film de Clive Barker, enfin pour ceux qui connaissent...). Le film est ponctué de scènes extrèmement violentes et d'autres totalement envoûtantes. La partie fantastique étant en fait l'échappatoire de la petite Ofélia dans ce monde de violence qui l'entoure... Alice au pays des horreurs... A noter la beauté de Pan le Faune... Aussi magnifique que Tim Curry en "Darkness" dans "Legend" de Ridley Scott (un des premiers films du nain scientologue...)

La photographie est sublime et passe du bleu nuit à l'orange. L'influence du peintre Goya y est très présente notamment dans la scène du "Pale Man" (voir photo du bas) où le tableau "Saturne dévorant l'un de ses enfants" est clairement cité... Hasard ou coïncidence, le nom de Saturne dans la mythologie Grecque est Cronos, qui est également le nom du premier film de DEL TORO...

Le jeu de la petite Ivana BAQUERO est impressionnant de justesse. Mais la palme revient sans conteste à Sergi LOPEZ (Harry, un ami qui vous veut du bien, Western...) dans le rôle du Capitaine Duval, sadique mégalomane dans le rôle de son beau père. Son jeu est d'une violence et d'une froideur terrible. A aucun moment on ne lui trouve quelque chose de positif... Il est le mal incarné, l'horreur pure... Ralph Fiennes dans "La liste de Schindler" est un enfant de coeur à côté...

Le film aurait pu au final se passer de toute la partie fantastique et n'en serait pas pour autant dénaturé... De plus DEL TORO se permet une fin d'une sensibilité et d'une émotion aussi extrème qu'elle est dure. A noter, l'affiche Française très laide, laissant penser que le film est une énième niaiserie pour enfants, ce qui est très très loin d'être le cas (l'affiche de Narnia, comparé, c'est "Massacre à la tronçonneuse")... Le film est dur, âpre, merveilleux, intelligent, et agit sur nos différentes émotions... Une fin qui remue les tripes... Et interdit aux moins de 12 ans... Un chef d'oeuvre d'émotions, même si le montage laisse entrevoir un certain nombre de coupes... Un director's Cut en DVD l'année prochaine peut-être???

19:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinema, film, le labyrinthe de pan, Guillermo Del Toro, Sergi Lopez, Doug Jones, films
mardi, 19 septembre 2006
Histoire de culte... Un peu revue et un poil corrigée...
Suite à une conversation avec Fa à Paris concernant ce qui est culte ou non, je me décide à pondre une note avec ce qui se rapproche le plus du terme à la base, les films (mais on peut le faire pour n'importe quel type d'oeuvre)... Bien entendu, une note ne suffit pas à débattre sur le sujet ...(Comment résumer et débattre de la bible en quelques lignes?)
CULTE : Cérémonie par laquelle on rend hommage le plus souvent à un ou des dieux.

Dans le cadre du cinéma, le terme "culte" a une origine remontant aux années 70 à l'époque où, aux Etats-Unis, les directeurs de salles distribuaient des films comme "Eraserhead (David LYNCH)", "La Nuit des Morts Vivants (Georges ROMERO)", "El Topo (Alejandro JODOROWSKY)", "Pink Flamingos (John WATERS)", j'en passe et des meilleurs à la séance de minuit, créant ainsi une alternative aux grosses distributions Hollywoodiennes. Ces films ont la particularité d'être des films décallés (El Topo, Rocky Horror Picture Show), undergrounds (Pink Flamingo), surréalistes (Eraserhead), ou au discours politique provocateur pour l'époque (La nuit des morts vivants... Oui oui...) ou plus récemment "Bad Taste" et "Braindead" (Peter JACKSON), et "The House of 1000's Corpses" Rob Zombie qui s'est forgé sa réputation grâce aux fans lui aussi et aux déboires avec les boites de prod.

Ces films ont bati leur notoriété par le bouche à oreille d'un public restreint à l'origine. Un objet ou un film dit "culte" est synonyme de rareté. Qui dit rareté, dit donc ralliement d'une petite communauté. L'apparition de la cassette vidéo a fait que le public s'est agrandit avec le temps, (le laserdisc et le dvd amplifiant encore le phénomène de diffusion par la suite). Un film comme "The Rocky Horror Show" a vu son succès et sa reconnaissance grâce aux séances de minuit où le public se déguisait comme les acteurs pour recréer les scènes et les chansons dans la salle tout au long de la projection dans un bordel monstrueux. Je crois même que ces séances durent toujours... A vérifier...

Il ne faut pas confondre films cultes et films populaires. Si certains films cultes sont rentrés dans le cadre populaire (comme "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe HOOPER ou "EASY RIDER" de Dennis HOPPER) d'autres ont été créés dans l'esprit du culte pour le devenir eux même (Tarantino pompant le meilleur du cinéma des années 70 dans chacun de ses films sous forme d'hommage respectueux...) ou pire, être créés pour être cultes et se retrouver être de grosses bouses indéfinissables comme "Le Projet Blair Witch (Blair ho?)" ou le dernier en date, pseudo culte avant même sa sortie : "Des serpents dans l'avion" grâce à un buzz internet plus ou moins construit de toute pièce pendant son tournage... On ne créé pas un film culte... Il se construit lui même...

"Le Bon, la Brute et le truand", "Les Bronzés", ne sont pas cultes mais populaires, pareil pour les films de Tarantino ou autres gros succés planétaires. On peut dire aussi que les films asiatiques avaient un statut culte en Europe et aux Etats-Unis alors qu'ils étaient populaires chez eux jusqu'au gros boum du DVD.
EL TOPO
Le problème à l'heure actuelle est que tout est qualifié de "culte" et ce par intérêt financier. En gros le mot "culte" sonne mieux que "populaire" qui n'est pourtant pas péjoratif... On peut, dans ce cas là, considérer le "populaire" comme la mutation d'un film culte. Son passage à l'âge adulte. C'est sur que financièrement les retombées ne sont pas les mêmes pour les décideurs et investisseurs, mais le constat est là. Imaginons une pub disant : "Pulp Fiction, le film populaire de Tarantino en quintuple de DVD director's cut édition collector limitée à 20 millions d'exemplaires... Ca sonne moins bien... Le mot "culte" est court et tape mieux...

C'est le temps et une minorité d'adorateurs d'une oeuvre qui décident de son statut culte. Et non pas des publicistes ou une intelligentsia quelconque (Les films de chez Troma sont cultes et pourtant on est dans le gros Z jouissif débilos assumé...) Donc, par pitié, arrêtons de qualifier de culte tout et n'importe quoi... A quand la savonnette culte? La voiture culte? La brosse à dent culte? Le rouleau de Pculte? Sérieux, remettons les choses à leur place quoi...
21:35 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinema, films, culte
jeudi, 27 juillet 2006
The Devil's Rejects
Parfois j'ai des petits plaisirs même pas coupables... Bin ouai quoi, quand on me connait on sait que je ne suis pas violent pour un rond et que je ne mange pas d'oeufs parce que ça me fait mal de penser au futur poussin que ça aurait pu être mais vraiment, vraiment, j'adore le cinéma de genre... Quand je dis cinéma de genre, ce n'est pas le cinéma de genre d'auteur ou expérimental (que j'aime aussi) mais bel et bien le bon gros cinéma bis, Z ou craspec bien gore et bien crétin... Et puis seul dans une salle de cinéma c'est royal... Merci l'été, le soleil et la plage...

Le mois de Juillet a été accueilli par le gentillet "La colline a des Yeux" d'Alexandre AJA, remake du film de Wes Craven... Mais ça c'était juste une mise en bouche avant la balle en pleine poire qu'est "THE DEVIL'S REJECTS" suite de l'excellent "House Of 1000 Corpses" et tous deux réalisés par Rob ZOMBIE ancien musicien et fondateur du groupe White Zombie et grand malade du cinéma violent, fantastique et de d'épouvante (il réalisait les clips du groupe).

Pour résumer brièvement, House of 1000 Corpses, narre l'histoire de 4 jeunes abrutis à la fin des années 70 voulant se faire peur et tombant dans les griffes d'une famille de dégénérés psychopates, menée par le Capitaine Spaulding... Ok sur le papier on se dit que c'est mille fois revu et puis le truc magique se passe... Les dialogues (vulgaires) sont balancés en rafale et sont hilarants, Rob Zombie ne tombe dans aucun des pièges de ce genre de films tout en connaissant et contournant les ficelles du genre... Même si le film est disponible en DVD maintenant il n'a jamais été, honteusement, diffusé dans les salles Françaises... Résultat le film se traine derrière lui une aura "culte" au sens noble du terme (puisque tout est culte maintenant) au même titre qu'un Eraserhead de Lynch, un "Chromosome 3" de Cronenberg ou "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper...

Et puis arrive la suite, "The Devil's Reject"... Et là c'est le choc... L'atmosphère clipesque du premier est jeté à la poubelle pour tomber sur une image sale, granuleuse, jaunie, presque monochrome. On ne tombe plus dans le slasher mais dans le vrai Road Movie à l'ancienne... Dès l'ouverture (monumentale) on sent l'esprit de Sam Peckinpah, la violence est sèche, la caméra est psychotique, mais jamais on ne perd le fil de ce qu'il se passe... Et la musique est monumentale... Les classiques Heavy Rock des années 70 et du blues...

Le pitch : La famille Firefly (les tarés) se retrouvent assiégés dans leur maison par les flics menés par un shériff décidé à venger son frère tué par eux... Madame Firefly est arrêtée, et seuls son fils Otis (sorte de Charles Manson en pire) et Baby sa fille (croisement entre une Courtney Love Bimbo et la pire des psychopates) réussissent à s'échapper. Ils sont rejoints très vite par le Capitaine Spaulding, clown épicier, montreur de monstres de foire obsédé sexuel... Le trio se retrouve pris en chasse par le shériff qui se révèle être aussi psychopate qu'eux et deux chasseurs de prime...

Donc on est dans la configuration du bon road movie à la "Bonnie & Clyde" ou "Thelma & Louise" ou "Tueurs nés", mais version trash. Il faut être clair, ce n'est pas un film d'épouvante. Et c'est plus fun que du Tarantino... De plus Rob Sombie a le culot d'impliquer totalement le spectateur et le manipuler par un revirement de situation monumental et qui fait que le spectateur prend parti pour Spaulding, Baby et Otis. Parce qu'au delà d'être des fous homicides, ils se trouvent qu'ils sont rusés, intelligents, drôles et unis... Et on se surprend à les aimer alors que la première partie du film les présentes tels qu'ils sont... Résultat on s'interroge sur le partis pris donné par les images dans le monde de tous les jours où on se surprend à aduler des monstres et nous renvoie notre côté malsain en pleine gueule parce que le parti pris de narration est volontairement destabilisant.

Concernant le casting, c'est un pur bonheur pour bisseux et amateurs de séries Z ou séries télé... Sid HAIG (plein de séries télé entre autres) tient enfin un rôle de cabotin à sa mesure en Capitaine Spaulding. Bill MOSELEY (Massacre à la tronçonneuse 2) est irréprochable en une sorte de Charles Manson Christique, Shery MOON ZOMBIE parfaite en bimbo psychopate nymphomane, William FORSYTHE (Rock, The Substitute) plus que crédible en Shériff Redneck fondamentaliste sombrant dans la folie et ce film permet de revoir Danny TREJO (habitué de séries télé et des films de Roberto RODRIGUEZ), Geoffrey LEWIS (Doux, dur et dingue - Ca va Cogner - Blueberry) Matthew MC GRORY (le géant de Big Fish de Burton), Ken FOREE (Zombie) et cette gueule ultime de freaks qu'est Michaël BERRYMAN (Vol au dessus d'un nid de Coucou, La colline a des yeux 1&2, The Barbarians...) dans le rôle d'un agent d'entretien fou de Star Wars... Un casting de gueules digne des films de Sergio Leone, des tronches que presque tout le monde a vu au moins une fois, qui marquent et dont on ne connait pas les noms... De purs seconds couteaux du cinéma...

C'est glauque, violent, drôle, de mauvais goût, vulgaire, intelligent, poussiéreux... Zombie rend hommage aux grands maîtres, il connait sa leçon de cinéma et signe pour son deuxième film un petit chef d'oeuvre nihiliste digne de ses références... Un vai faux manque de moralité (seuls les ordures et les abrutis de bouseux fondamentalistes se font dessouder)... Une réalisation maitrisée du début à la fin... Des scènes à filer une crise cardiaque aux Chiennes de Garde... Un final iconique renvoyant Ridley Scott dans ses pénates... Une bande son parfaite... Des acteurs au top... Un film fait par un amoureux du genre pour les amoureux du genre... Un film comme on en a pas vu depuis pas loin de trente ans... Un classique instantané... Un hommage aux artisans du cinéma bis, acteurs et réalisateurs ... Un sang faute à sang pour sang...

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mercredi, 21 juin 2006
La Mort Aux Trousses
Comme j'ai pas trop d'idées en ce moment, je vais parler un peu de cinéma pour une fois...
LA MORT AUX TROUSSES (North By Northwest) Alfred Hitchcock (1959)

On peut admirer la traduction Française du titre (Essayez de le prononcer dix fois de suite en Anglais, c'est très très coton). Pourquoi parler de ce film d'Hitchcock? Parce que c'est sûrement mon préféré, que je l'ai revu hier pour la 31425ème fois et que je m'éclate toujours autant... En fait c'est, à mes yeux, le film parfait à tout point de vue, d'un modernisme absolu... Mis à part les costumes et les véhicules, le film est très contemporain malgré ses presques 50 ans.
Les dialogues sont tranchants, l'intrigue et les rebondissements sont légion. Les scènes de comédie sont à mourir de rire par moments (les relations entre Roger Thornill et sa mère, la scène de la vente aux enchères, la gueule de bois de Thornill...)

2h16 durant on est tenus en haleine... C'est l'un des rares films de cette époque où l'on rentre dans le sujet réellement en 5mn. Pas de longueurs inutiles... A aucun moment... Le film alterne tour à tour comédie (voir burlesque), action, romantisme et un des plus grands finals de l'époque sur le mont Rushmore dans le Dakota...

A ce que je sais, les relations entre Cary Grant et Hitchcock à l'époque étaient particulièrement tendues. Et pourtant le personnage colle à la peau de Grant et à aucun moment cette tension ne transperce à l'écran. Grant y incarne l'archétype même de l'homme pressé, le publiciste en action permanente dont la seule trace de vie privée semble être sa mère...

Un petit détail amusant à ce propos, l'actrice Jessye Royce Landis qui joue "Maman" est née le 25 Novembre 1904 soit 10 mois après Cary Grant (18 Janvier 1904)... Et mis à part les cheveux grisonnants de Grant, ce détail, si on l'ignore, ne choque à aucun moment... Je me suis même dit, et là j'abuse sûrement, que le seul qui actuellement pourrait se permettre d'être comparé à Grant dans ce rôle serait Georges Clooney. Ah non on va pas commencer à parler de remake éventuel hein? Que Gus Van Sant refasse "Psychose" plan par plan et en le rendant nullissime peut éventuellement passer, mais je n'ose même pas imaginer qu'un éxécutif pourrait se permettre, vu la vague de remakes actuels toucher à un pareil film...

Eva Marie Saint est troublante également. Hitchcock glisse dans le film des touches subtiles d'érotisme et eu quelques petits soucis avec la censure de l'époque et leur colle à leur nez et à leur barbe la scène finale du train pénétrant dans le tunnel lors du dernier plan... Plan pas si gratuit que ça, mais remis dans le contexte de l'époque est une vraie provocation...

Le générique de début signé Saul Bass est une pure réussite... Le titre puis les lignes blanches sur fond vert s'incrustant une à une et représentant au final les découpes des fenêtre d'un building sont comparables à l'accumulation de péripéties s'annonçant ensuite... Bass a révolutionné les génériques de son époque... La musique de Bernard Hermann est en adéquation totale avec chaque image du film... Sauf dans la scène la plus éprouvante...

Grant est envoyé sur une route déserte afin de rencontrer Kaplan, le personnage avec lequel il est confondu. Le spectateur sait que c'est un piège puisque dès la première demie-heure, nous savons que Kaplan n'est qu'une couverture pour un agent infiltré et qu'il n'existe pas. Et pourtant la scène est parfaite. La bande son également... Il n'y a aucune musique, on entend seulement le son d'un avion et quelques voitures qui passent mais ne s'arrêtent pas. Hitchcock prend le temps de filmer les interrogations et l'inquiétude de Thornill planté sur le bord d'une route entourée d'immenses champs de maïs... On ressent par cette scène, la solitude du personnage... Il peut être observé de n'importe où mais lui ne sait pas qu'il y attend réellement... Cette scène allait, à l'époque à l'encontre des canons de scène d'action. Le décor est immense et pourtant on se sent oppressé au même titre que Thornill... Le vide et le désert en deviennent écrasant...

Ce qui frappe également, c'est le dépouillement des décors... Tout est clair, lumineux, le film se passe pratiquement tout le long de jour sauf dans le final... On y voit le siège de l'ONU (malgré l'absence d'autorisation de le filmer), la maison de Vandamm (James Mason glacial), le restaurant du Mont Rushmore. Et si on y rajoute le générique de début on y voit le modernisme délibéré de la façon de filmer. Les vitres sont immenses et agrandissent plus encore en profondeur, le champs de l'action (Thornill surveillant à la fois Vandamm dans le salon et Eve dans sa chambre à la fin du film...). Tout le monde se surveille, s'épie, s'expose, se cache. Le jeu du chat et de la souris... On sait que Vandamm (James Mason) est un espion, mais on ignore les allants et les aboutissants des secrets qu'il traffique. Seul les rapports de faux semblants sont interressants dans le film... Le jeu permanent de l'illusion...

La mort aux trousses se trouve être le premier film d'espionnage réellement moderne de par ses choix scénaristiques et de décor. On y prend un plaisir fou du début à la fin et sans se lasser. Hitchcock aligne les scènes d'anthologie. Joue avec nous et nous rend complice avec lui de ce qu'il fait subir à son personnage. Hitchcock s'est mis en scène volontairement dans le générique (l'homme arrivant en retard pour prendre le bus) afin que le spectateur ne perde pas son temps à chercher son apparition afin de ce consacrer ensuite entièrement à l'intrigue du film (comme dans pratiquement tout ses films)... A voir et revoir sans modération...

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